• entrepreneurs & politician lobbying firm
  • Lobbying d’entreprise : un nouveau mécanisme pour le succès des entreprises africaines

    13/11/2019

    Les entreprises sont la pierre angulaire de l’économie sur tous les continents. Au fur et à mesure que les entreprises se développent, que le chômage diminue, que le revenu des ménages augmente, le développement socio-économique s’accentue et les citoyens voient leur niveau de vie croître. Pourtant, la situation dans de nombreux pays du continent indique le contraire : les entreprises africaines sont sous-performantes ou font faillite à un rythme très élevé, tout en accusant un retard certain par rapport à leurs concurrents sur le plan international. Au Ghana, par exemple, environ 75 % des entreprises mettent la clé sous la porte dans les cinq années qui suivent leur démarrage. Cette situation est inacceptable, car la faillite de ces entreprises ne fait qu’aggraver les difficultés économiques des Africains et limite la capacité du continent à sortir de la pauvreté. De plus, les entreprises qui survivent en Afrique restent à la traîne par rapport à leurs concurrents mondiaux. La première question qui se pose alors est la suivante : comment les entreprises dans les pays développés réussissent-elles à naviguer dans le contexte politique et institutionnel dynamique de leur pays et quelles sont leurs recettes pour y parvenir ?

    L’Afrique subsaharienne abrite certaines des économies avec la croissance la plus rapide au monde. Cette partie du continent attirera à n’en pas douter les entreprises du monde entier grâce à ses ses opportunités économiques diverses et ses marchés émergents. Le Forum africain de Stanford en 2011 a établi que l’Afrique disposera d’une main-d’œuvre plus importante que la Chine ou l’Inde d’ici 2040, date à laquelle elle aura également développé de nouveaux marchés. La Zone de libre-échange continentale africaine, inaugurée en juillet 2019, permet aux entreprises africaines de faire face à la concurrence mondiale et d’accélérer le développement économique sur le continent. Mais le Forum économique mondial note que le succès du bloc commercial dépendra en grande partie de la manière dont les responsables politiques nationaux et les entreprises africaines se mobiliseront pour tirer parti des opportunités de croissance disponibles. Ceci fait écho à l’affirmation de Rosa Whitaker selon laquelle « le soutien à l’Afrique est vaste, mais peu profond ». La deuxième question qui se pose est donc la suivante : comment les entreprises africaines peuvent-elles mobiliser le soutien et la bonne volonté dont jouit le continent pour garantir leur croissance et leur succès ?

    Rosa Whitaker, nommée par le Rapport sur l’Afrique en 2014 comme l’une des lobbyistes les plus influentes au monde pour l’Afrique, répond à ces deux questions lorsqu’elle affirme : « …il faut faire pression pour que les choses se fassent. J’aurais aimé que l’Afrique présente un programme d’action unifié, et pas simplement une liste de souhaits ». Elle s’exprimait en réponse à la façon dont les gouvernements africains peuvent améliorer la politique américaine. Il en va de même pour l’approche des entreprises africaines à l’égard des gouvernements et des organismes de réglementation. Le lobbying, ainsi que ses multiples mécanismes et ses nombreuses stratégies capables d’influencer les politiques afin de créer un environnement propice et de garantir le succès des activités commerciales ont suscité moins d’intérêt en Afrique. Au-delà de la fourniture de produits et de services de haute qualité, du respect des normes internationales et de la réduction des incertitudes du marché, les entreprises africaines doivent faire pression sur les responsables politiques afin de créer un contexte propice aux transactions commerciales. Ce faisant, les entreprises doivent dépasser  le cadre du simple lobbying pour gagner en rentabilité et impacter le développement du continent dans son ensemble. Le lobbying consiste à tenter d’influencer les législateurs dans l’élaboration des politiques en adoptant une approche plus active et plus large qu’une simple présentation d’une proposition ou une prise de position sur un sujet donné. Cela implique généralement la participation des médias, des politiciens et des personnes clés au sein de votre organisation dans une stratégie intégrée conçue pour assurer une réponse positive à votre proposition et augmenter les chances d’atteindre vos objectifs. Transparency International définit le lobbying comme étant « toute activité menée pour influencer les politiques et les décisions d’un gouvernement ou d’une institution en faveur d’une cause ou d’un résultat précis. Même lorsqu’elles sont autorisées par la loi, ces actions peuvent entraîner des distorsions si les entreprises, les associations, les organisations et les groupes d’intérêt exercent une influence disproportionnée ». Par conséquent, le lobbying consiste généralement à tenter d’influencer les décisions et les résultats stratégiques des gouvernements, des législateurs ou des membres des organismes de réglementation (Ninua, 2012). Ainsi, le lobbying repose sur des mécanismes tels que la communication directe avec les représentants du gouvernement, la participation aux audiences publiques, le soutien aux projets de loi et aux rapports sur les questions de politique, et l’implication des médias (Chain, Hogan et Murphy, 2010).

    Au Ghana et dans de nombreux autres pays africains, le lobbying est considéré comme une activité indésirable qui fausse les valeurs démocratiques. Les partisans de ce point de vue soutiennent que l’intérêt public doit s’incarner au sein des institutions publiques démocratiques. Cela s’explique par le fait que des groupes d’intérêts spéciaux ont détourné les systèmes démocratiques à leur avantage en subvertissant l’intérêt public. Il existe cependant un autre point de vue plus positif qui considère le lobbying comme un droit démocratique indispensable, comme en témoigne la liberté d’expression – sous la forme de pétitions aux gouvernements ou d’échanges avec les responsables politiques. Ce faisant, les lobbyistes contribuent énormément à l’adoption de lois de qualité et de législations fondamentales, aux activités publiques ainsi qu’à l’élaboration de politiques en fournissant leur expertise, leurs retours d’expérience et les points de vue de l’industrie.

    Pourquoi les entreprises doivent-elles avoir recours au lobbying ? Pour remporter des contrats, pénétrer de nouveaux marchés, conforter leur position sur les marchés existants et influencer les lois, les réglementations et les politiques qui affectent leur fonctionnement. L’impact du lobbying sur la performance des entreprises a été démontré grâce à plusieurs études. Le lobbying d’entreprise, par exemple, conduit à une plus grande valeur pour les actionnaires, il augmente la compétitivité des entreprises et possède un meilleur rendement que tout autre investissement. Il s’agit véritablement d’une stratégie non marchande capable de créer de la valeur pour l’entreprise. Il est à noter que pour éviter les excès, le lobbying doit être transparent et non opaque. De bonnes pratiques d’autorégulation (généralement propres à chaque secteur) et une certaine réglementation de l’État sont nécessaires.

     

    Ce texte a été écrit par Moses Kanduri (http://bit.ly/33NXbYA), membre du comité consultatif professionnel de Lobbying Africa Limited. Le comité consultatif professionnel de Lobbying Africa est l’organe consultatif tactique indépendant de la société.

    FACEBOOK
    TWITTER
    YOUTUBE
    LINKEDIN
    INSTAGRAM

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Latest News